Dimanche 20 septembre 2009 7 20 /09 /2009 10:31

 voici la consigne #73
Une plaquette de beurre

de 250 grammes a disparu
du réfrigérateur de l'internat.
L'enquête est confiée
à Mademoiselle Aufray, l'intendante.

Cette semaine, à titre expérimental,
vous devrez vous trouver
un sponsor*
si vous voulez conserver
l'opportunité d'être édité(e)
le samedi 19 septembre.


Envoyez vos textes à samedidefi@hotmail.fr,
on vous écrira.

* Si vous en aviez plusieurs, vous pourriez rêver** à l'édition de luxe...
** Le rêve n'est-il pas le compagnon de l'écrivain ?
les autres textes sont là


 
Mademoiselle Aufray tournait en rond dans l’office.

 

Au début,  croyant que seule une plaquette de beurre   des touyous *(demi sel  what else ?) avait disparu,  elle s’était orientée vers une vengeance de bas étage. Premier suspect :  Berthold, élève militant pour l’abolition du sport à l’école, qui avait eu des mots avec  le professeur de gymnastique lequel avait tenté de lui faire courir le 100mètres ; d’aucuns l’avaient entendu marmonner  que le prof ferait moins le fier quand  les agrès flambant neufs de la salle de gymn (les agrès   Agré *, « les agrès qui m’agréent »meilleurs que les agrès  DeKanarre*)  se retrouveraient tous enduits de graisse …mais non, Berthold  avait un alibi en béton : il était à l’isolement, enfermé  dans son dortoir, avec une bonne grippe qu’on espérait normale saisonnière et  surtout pas « A ».(le tata miflu*, était prêt  sur sa table de nuit  pour parer à cette éventualité.)

 On avait rapidement constaté que la plaquette de beurre n’était pas seule à s’être évaporée, et qu’un paquet de sucre entamé (il restait 200 gr) un paquet  de farine (500gr), et un sachet de  levure (levure sainte Honorine*  le gonflant…), s’étaient également fait la malle.

Donc peu d’indices, mais ces emprunts,  à moins d’être l’annonce d’une bagarre en dortoir avec armes non conventionnelles (surtout la levure !) sentaient le plan gâteau non autorisé.

Elle  se demandait comment le ou les coupables  s’y prendraient  pour faire cuire un gâteau sans  four, car elle avait modifié tous les codes d’accès  aux cuisines et offices…

Il était tard,  et mademoiselle Aufray ne dormait pas, presque  immobile devant son ordinateur, elle se « creusait » pour  répondre à la consigne #73 du  défi du samedi*  (attention ! site extrêmement addictif : ne commencez pas !)…quand soudain une sensation inhabituelle lui fit lever le nez… Les « mousquetaires », (sympathique « bande des quatre ») du  dortoir voisin  ne dormaient pas et s’offraient une sortie  dans le couloir. Discrète et silencieuse, elle  les suivit à distance. Au deuxième étage ils avaient ouvert  presque sans bruit le laboratoire de chimie. L’intendante tendit l’oreille : se croyant seuls, les gamins discutaient :

 -An Wei, tu es sûr de ta pâte à pain ?

-Ben oui, j’ai fait comme c’est dit : levure, farine, eau, et huile de coude, pétrir une pâte à pain  çà vous muscle.  Après, je l’ai laissée lever, planquée sous mon lit.

-Pas à côté de tes Nike* qui puent quand même ?

-mais non, Mamadou, j’ai préféré la recouvrir  avec tout notre linge sale, andouille….bon, j’ai étalé la pâte  comme j’ai pu avec une canette de  Breizh Cola* maintenant, c’est l’heure de vérité…Mouloud, en tant que seul beur du groupe, c’est à toi de fournir le « des touyous » demi sel…David, passe lui le tube à essais… bien sûr qu’il faut le nettoyer… ! Voilà on étale la moitié du beurre sur la galette de pâte à pain, on recouvre de sucre, on plie en soudant les bords on laisse reposer 10 minutes, au frais…un petit  coup de console pour patienter…Mamadou, tu allumes le four,  essaie d’atteindre le thermostat 6-7  qu’ils disent

-Bon on refait pareil : aplatir en galette, beurre fondu,  sucre, refermer, plier  aplatir, plier (plions mes frères !)  Mettre le reste du sucre…

- grand moment les gars ! On met au four, c’est parti pour une demi-heure, dommage qu’on n’ait pas pu voler un œuf pour dorer le dessus…

C’est cet instant que choisit mademoiselle Aufray pour faire sursauter  les mousquetaires : elle entra dans la salle de chimie et leur  tendit un verre contenant  un jaune d’œuf. «  ceci est ma contribution personnelle »,   c’est  ce qui manque à  votre Kouign aman  clandestin qui va bientôt sentir bon dans tout le bâtiment...

 

 

Ce texte n’est pas sponsorisé par

-le conseil général de Normandie (car si le Mont St Michel est en Normandie, le Kouign Aman  reste  breton  …na !

-la ligue des diététiciennes et  nutritionnistes filiformes.

-Nous avons refusé l’offre de sponsoring de la pilule Lilli* supposée effacer les effets du kouign aman  sur les formes et les courbes.

 

 La recette light  est empruntée à

http://www.750g.com/750g.htm

Par Zigmund - Publié dans : le défi du samedi
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /2009 00:37

 Je me suis inscrit pour un congrès dans un lieu magnifique...mais pas donné, je dirais même plus, monstrueusement, scandaleusement cher.  Au début, choqué par l'énormité de la somme demandée, sous prétexte que nous sommes médecins et donc forcément riches, j'ai retiré mon inscription.
Pourtant, j'en avais envie, de ce voyage, les sujets abordés m'intéressaient(si si ,ce genre de réunion c'est aussi pour travailler, du moins c'est mon avis).Et puis voilà l'organisateur qui m'appâte en flattant mon ego et en me demandant une intervention.
J'explique à certains collègues mes réticences quant au prix, il m'est répondu que je peux me faire financer par un labo pharmaceutique*. Cette idée me fait horreur, même si comme beaucoup d'entre nous, je n'ai pas toujours eu les mains parfaitement propres sur le sujet, je préfère renoncer ou emprunter à mon banquier.
L'un des collègues me propose de faire  à mes correspondants chirurgiens le chantage suivant : "je continue à t'envoyer mes malades à opérer et en contre partie tu demandes à ton labo fournisseur de matériel de me "financer". ouah, là on touche le fond ! à quel moment devrai je enlever mon pantalon ?  
J'en parle autour de moi, j'achète des "morpions"(coup de bol : un gagnant de 200€), mais l'argent pour faire pencher la balance viendra d'un beau cadeau et du solde d'une assurance vie oubliée alors que j'ai déjà fait ma réservation. Mes proches m'ont poussé à accepter, au prétexte que j'ai peu pensé à moi dans les années passées.
A un ami plutôt socialiste, je raconte les solutions"labos" proposées pour  le financement du voyage, et le copain me fait le calcul suivant :
-soit tu pars financé par un labo, c'est immoral ,çà augmente le prix du médicament et çà creuse le trou de la sécu
-soit tu finances avec tes sous et tu déduis la somme en question de tes impôts, devenant peut être non imposable et c'est l'Etat qui manque de sous par ta faute.
dans les deux cas, tu es un mauvais citoyen...! 
depuis, j'ai beau chercher un plan C(en dehors d'abandonner le voyage de rêve) je ne trouve pas, et bien que j'ai choisi l'autofinancement, (histoire de pouvoir continuer à me regarder dans le miroir le matin) j'ai comme un petit arrière gout de culpabilité... 

*il y aurait beaucoup à dire concernant les cadeaux des laboratoires, suljet sensible devenu presque tabou, même entre confrères. Souvent, je me désole de l'arrêt prématuré de ma collection de stylos farfelus dont le stylo via*ra  avec une ouverture très suggestive , était le fleuron. Je rapelle que depuis quelques années, les cadeaux des laboratoires sont très sévèrement encadrés(ce qui n'est pas un mal) mais qu'on a basculé dans un excès inverse qui est ridicule(limitation des échantillons de médicaments) mais ceci est une autre histoire...  

Par Berthold - Publié dans : oeil et regard
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /2009 00:57

 

 voici la  Consigne #72 du défi du samedi

 

Une heure de repassage c'est donc bien long.
Mais, l'heure la plus courte d'une vie. Laquelle est-ce ?

les autres textes sont


Il s’est assis en face de moi. Il est très jeune et j’ai horreur de çà. Déjà, il m’a toisé d’un œil méprisant, et dans son « bonjour monsieur » pointe le vouvoiement futur qu’il réserve au « vieux  crouton ». Je le déteste déjà, je sais qu’il va gagner, et que non content de çà, il se prépare à  m’humilier.


Entre nous,  sur le goban,  il a disposé 9 pierres noires (l’équivalent d’une dame en plus aux échecs) ;  j’ai réglé la pendule : une heure par joueur. D’un signe de tête il m’indique que mon réglage lui convient, puis  déclare conformément à l’usage « bonne partie ! » en déclenchant sa pendule.

Le début de partie confirme mes craintes, cet ado  sait jouer, et les 9 pierres d’avance aggravent sérieusement ma situation. Chaque coup qu’il joue est correct,  je n’ai absolument  pas le niveau pour résister et chaque claquement de mes pauvres  pierres blanches sur le goban me rapproche de la  défaite annoncée.

En cours de partie, un copain à lui, un gamin prétentieux  vient nous observer, encourage mon adversaire  et commente  à haute voix  le déroulement de la partie. Je devrais appeler l’arbitre, ou virer ce gosse mal élevé, mais je suis trop anéanti par mes efforts pour limiter la casse.

Enfin l’affreux gamin, est parti, il déconcentrait aussi  les  joueurs voisins. Déjà vaincu,  je  réponds  rapidement à ses coups, alors que lui, sadique, savoure et fait trainer ses réponses ;  chacune me rapproche du désastre.  Je suis « mort » partout ou presque ; « Zigmund,  souviens toi  du proverbe : « le bon joueur c’est celui qui sait quand il doit abandonner ».  Bon d’accord, je vais abandon…Non !  un miracle vient de se produire, là sur la pendule : tel le lapin de la fable,  il a tellement trainé, que son heure est passée, il a perdu « au temps », il a perdu tout court, il le reconnait… Cette heure trop courte pour  lui,  m'offre une victoire, certes peu glorieuse, mais au moins le blanc-bec ne sourit plus.

Alors, je sors mon portefeuille et, sacrifiant à la coutume  : « viens, je t’offre un verre au bar ! »

Par Zigmund - Publié dans : le défi du samedi
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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /2009 01:00

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Depuis quelques années un groupe mélant adultes et ados se réunissait le vendredi soir pour chanter. Le répertoire était sans prétention, mais parfois assez difficile.
 A la fin de l'année nous présentions notre travail sous forme d'une comédie musicale, dans la salle communale pleine à craquer, indulgente et conquise d'avance.
Quel  plaisir d'être ensemble, de se retrouver chacun dans "sa voix", de tatasser traitreusement avec ses voisins, sous les regards courroucés de Louisa, notre chef de choeur.
Elle avait fort à faire avec nous ; notre humour potache et nos blagues arrivaient souvent à la dérider, mais, quand elle nous accompagnait dans nos fous rires, le travail stagnait...et dès qu'elle prenait conscience du temps perdu, elle piquait une colère, ou décrétait une pause (cigarette).
Nous avions la flemme d'apprendre nos paroles, chaque fois qu'elle essayait de se renseigner là dessus nous prenions des airs dignes et offensés"comment, tu n'as pas confiance en nous ? Elle n'avait pas confiance et elle avait raison : au  deuxième rang circulaient des "grattes" parfois accrochées dans le dos des choristes du premier rang.
Quand il s'est agi d'étudier West side story, quelques uns d'entre nous ont perfidement  voté pour la VO, non pas pour apprendre des paroles en anglais(ce dont nous étions presque tous incapables) mais parce que nous savions que Louisa maitrisait si mal l'anglais qu'on pourrait lui faire avaler n'importe quoi ! Elle s'est douté de notre fourberie, et Lise a réalisé une excellente traduction  en plus de la mise en scène  de tous les spectacles.
Pendant ces années, nous avons eu  trois pianistes, attachants et drôles.
Notre répertoire ?
-musique créole
-les chansons du film les choristes(adaptation pour la commémoration de la libération des camps de concentration)
-un deux trois soleil sur des chansons de Brel et Fugain . cette pièce qui  évoquait entre autres la maladie et la mort, nous l'avons dédiée à l'une d'entre nous, emportée par le crabe.  
-une comédie dans le style Brodway ; j'ai réellement détesté cette musique, mais étudier une partition difficile qu'on aime pas est une expérience interessante.
-enfin notre version de West Side Story(rebaptisée Manhattan) travail intense sur deux ans. J'avais un petit rôle, j'étais le bras droit de Bernardo , qui oscillait entre son travail de pianiste et son rôle de chef de bande. (fort peu baraqué pour un chef de bande).
Nous avons travaillé avec des danseurs  et danseuses d'une école proche et ce fut une collaboration agréable.Deux représentations dans une grande salle et puis c'était fini.
Le rideau est tombé pour toujours sur notre groupe qui semblait si uni. 
Une dernière soirée où les ados nous ont chanté un au revoir avant de s'envoler  vers des horizons lointains pour leurs études. Restaient les adultes, en nombre insuffisant, mais sans  la pêche,...l'orage grondait,certains l'ont vu venir, et  peu après cette "dernière"  soirée arrosée, un des couples  adultes s'est brisé avec dommages collatéraux.
J'ignore si je retournerai chanter cette année,avec un groupe différent, il me reste la nostalgie de tous les bons moments passés avec eux.


 
Par Zigmund - Publié dans : souvenirs
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Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /2009 10:28



cet article était destiné aux défis du samedi en même temps que la machine à faire les lunettes, en réponse à la consigne#71
 

A vous chers amis défiants de raconter sous la forme qu'il vous plaira

ce que vous avez vu et ce que l'autre a vu


La petite fille en rose ne voit pas le photographe, parce qu’ elle  regarde le rhinocéros. Le photographe, collectionneur de rhinocéros, a d’abord repéré la statuette, seul objet intéressant de cette boutique pour touristes. La petite fille ne verra peut être jamais de vrai rhinocéros ; même dans les zoos c’est devenu tellement  rare…comme l’ivoire interdit dont est  peut être fait l’animal se dit le photographe…

 

Et la petite fille est trop jeune pour savoir les soit disant  vertus aphrodisiaques  que la médecine traditionnelle de son pays attribue à la corne de la bête en voie d’extinction.

 Avenir de la  Chine versus mémoire de l’Afrique …et un occidental un peu mal à l’aise qui cherche sa place et s’éclipse comme un voleur après avoir pris la photo.

Par Zigmund - Publié dans : le défi du samedi
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