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le-rhinoceros-regarde-la-lune

la saga des boulangers

1 Novembre 2012 , Rédigé par Zigmund Publié dans #luttes

avec l'autorisation de son auteur le Dr Paquet je publie le texte suivant 

 

luttes 2346La baguette « prise en charge » par la sécu

Imaginons

Les boulangers pourraient exercer après 10 ans d’étude ; le prix de la baguette serait fixé à 40 centimes d’Euro bloqué depuis 1996 et remboursé 25 ; les boulangers installés avant 1996 auraient  le droit de fixer librement le prix du pain, ainsi que quelques boulangers de prestige, après 15 ans d’étude, surnommés « les Poilânes »  

Chaque client aurait une carte à puce qu’il devrait présenter à chaque passage en caisse ; les CMU auraient droit au pain gratuit. Les prix des croissants et de la brioche seraient consultables sur Boulangeri.fr  Pour un croissant vendu, le deuxième serait à 50% et le troisième gratuit. Les boulangers refusant de vendre plus de 2 croissants seraient montrés du doigt.

Entretemps le prix de la farine aurait plus que doublé à la suite de spéculations boursières, les boulangers auraient obligation de formation permanente après leurs 14 heures de travail quotidien et leurs semaines de 70 heures. Ils seraient tenus d’être équipés des fours les plus modernes et les moins polluants, tenus d’aménager leurs boutiques à leurs frais pour l’accès handicapés, tenus de s’informatiser, tenus de télétransmettre la facture de chaque petit pain vendu. Le nombre de boulangers formés chaque année serait fixé par décret et notoirement insuffisant depuis 15 ans, malgré les cris d’alarme du conseil de l’ordre des boulangers. 2 boulangers partant à la retraite sur trois ne seraient pas remplacés…

La pénurie de boulangers et le temps client démesurément allongé du fait des nouvelles formalités administratives  aboutiraient à la formation de longues files d’attente devant les boulangeries. Le gouvernement fraichement élu trouverait la situation anormale et crierait haro sur les boulangers, relayé par une presse servile : « pourquoi y a-t-il des files d’attente ? Chaque français a le droit d’avoir a temps sa baguette pour son petit déjeuner ! (sanglots dans la voix) Situation intolérable ! Les boulangers devraient embaucher des « aides-boulangers » pour produire plus de pain ! Dont le prix restera bloqué ! » Les critiques les plus vives sur les files d’attente viendraient des clients travaillant moins de 35 heures par semaine

Une boulangerie industrielle, financée par des capitaux privés, trouverait le moment opportun pour s’installer place de la Madeleine (sic) en ventant son absence de files d’attente. Des économistes autoproclamés spécialistes en économie boulangère énonceraient doctement leurs « propositions pour améliorer la boulangerie en France » depuis leurs bureaux Louis XV

Les boulangers protesteraient timidement : « comment embaucher alors que le prix du pain reste bloqué depuis 16 ans ? » Le gouvernement éluderait la question et crierait à nouveau haro sur les boulangers  «  Donner du pain à chaque français pour son petit déjeuner est un devoir civique ! (sanglots dans la voix) J’ai entendu dire que certains boulangers font payer la baguette  deux à trois Euros ! C’est inadmissible ! Nous allons prendre des mesures ! »Les boulangers, qui à 99% ne dépassaient pas 90 centimes se sentiraient humiliés. Les assurances  privées, censées rembourser les dépassements autorisés sur le prix du pain, seraient soupçonnées d’avoir orchestré la campagne de diffamation contre les boulangers, préférant utiliser les cotisations des adhérents pour renforcer leur capital immobilier et payer de couteuses publicités dans les médias qui leur sont redevables : les journalistes écriraient : « le scandale des dépassements sur le prix de la baguette ! Des milliards payés aux boulangers par la sécu ! »

Ne disposant pas d’un droit de réponse efficace, les boulangers auraient beau protester que ces « dépassements » qui ne tiennent même pas compte du prix de revient réel de la baguette ne coutent rien à la sécu mais sont payés par les clients et censés être remboursés par les assurances complémentaires. Ils commenceraient à avoir des sérieux doutes sur le sérieux et la probité de certains journalistes

Des pseudos négociations auraient lieu entre la ministre de la boulangerie et les syndicats de boulangers. Après des heures de négociations  un accord serait signé envisageant une augmentation de 1 centime d’Euro du prix de la baguette à l’horizon 2014 et 1 centime d’Euro supplémentaire à l’horizon 2015. En contrepartie le prix de la brioche serait diminué d’autant ainsi que celui du pain aux raisins. Après cet effort épuisant la ministre prendrait son petit déjeuner (thé et croissants de chez Fauchon)

Mécontents de leurs syndicats, les boulangers seraient désabusés, certains menaçant de faire grève, d’autres non. Le nombre de boulangers continuerait à décroitre à grande vitesse

Un journal ferait alors sa une avec le titre suivant « Mais où sont passés nos boulangers d’antan ? »

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Cécile 01/11/2012 13:39


Ah oui comme ça c'est clair pour tout le monde.

Zigmund 02/11/2012 00:45



c'est effectivement le grand mérite de ce texte et de cette affiche fait sans concertation par 2 confrères oph S2


 



anne66 01/11/2012 13:27


Bon texte sigmund... c'est plus frappant quand on parle de boulanger, je ne sais pas pourquoi...

Zigmund 02/11/2012 00:42



merci anne


j'ai déjà précisé à Chantal que dans ce texte seul le titre et l'intro sont de moi


j'ai vraiment voulu diffuser ce texte avant la grève du 12 Novembre



chantal 01/11/2012 12:26


Super!

Zigmund 02/11/2012 00:39



merci chantal je rappelle que ce texte  et l'affiche de la baguette ont été produits par 2 oph différents


pour l'affiche  qui date de 2010 je n'ai pas demandé l'autorisation mais son auteur ne semblait pas opposé à sa diffusion et pour le texte j'ai demandé l'autorisation



fultrix 01/11/2012 00:07


Certaines obligations à équipement ont été, pour les médecins, largement financées par des aides publiques ("enveloppes") sans obligation de résultat (à savoir acquérir le matériel et s'en
servir).


Tous les profesionnels ne sont pas d'insuportables profiteurs mais certains savent "vivre". Les difficultées du temps et l'insupportable impression que certains s'arrangent mieux que d'autres
devient de plus en plus tollérable.


J'admets que chacun voit le défaut de l'autre. Il serait bon parfois d'entendre cetains balayer devant leur porte, sans pour autant pratiquer l'autocritique ou la contrition, un brin hypocrite.


Mea culpa, mea maxima culpa ...

Zigmund 02/11/2012 00:35



si vous parlez du mat informatique l'aide est minime (et n'existe plus) par rapport aux contraintes


pour ce qui me concerne je peux prouver déclarations de revenus à l'appui qu'à travail égal je me suis "appauvri" au fur et à mesure que la valeur de l'acte stagnait quand les charges
augmentaient


j'ajoute immédiatement que je ne manque de rien mais que j'estime que l'acte médical est sous évalué et je trouverais  normal une valeur du cs entre 60 &70€à moduler en fonction de la
durée


le frère de la ministre est médecin s2 et demande 120€ par CS