Vendredi 6 novembre 2009 5 06 11 2009 20:28
Tous les matins de 8h à 16 h nous partons à la découverte des sites d'Angkor.le séjour est extrèmement court, j'ai choisi 3 excursions sur les quatre proposées. De 18h à  20h30 a lieu, à notre hôtel, la partie congrès proprement dite, avec des communications sur différents sujets.
Mon intervention se situe  presque au début du congrès et  je suis dans mes petits souliers ; Bien que très rôdé, je ne tente pas le "par coeur" même si je sais que la lecture est moins vivante , le micro fixé au pupitre  se rebelle, ma  main tremble en tenant le micro portable, mais je me réjouis de pouvoir m'exprimer sur ce sujet qui me tient à coeur : la disparition de l'ophtalmologie médicale. Je regarde peu la salle (ils ne sont pas 150 mais plutôt 200),  je suis un peu tendu , mais assez calme. Je suis conscient que c'est probablement la seule fois où nous, médicaux en voie de disparition, aurons la parole, donc pas question de bafouiller...applaudissements chaleureux à la fin. J'ai déclenché la réaction que je n'arrivais pas à obtenir sur internet, sur la liste de diffusion de la profession. La discussion se poursuivra au repas et dans les jours suivants. J'ai atteint mon but.
Impossible de dormir  dans la nuit qui suit, mon texte tourne en boucle dans ma tête...


Le lendemain commence la visite des temples, je ne comprends qu'une partie de ce que raconte le guide. Il se perd dans des détails inutiles, ou lourds...Au premier temple, à la descente du car, je ramasse un bâton qui traine, juste la taille utile pour me faciliter la marche sous le soleil .Pour me protéger du soleil qui tape dur, je me déguise en touareg.













 Dès le premier temple, mon appareil photo autour du cou, je vais mitrailler à tout va , je sais que le temps m'est compté donc pas question de perdre une miette de ces merveilles. Moi qui ai toujours défendu la photographie argentique, je profite de façon éhontée des facilités du numérique. Au final il y aura quelques photos dont je serai satisfait, et beaucoup de clichés "touristiques" intéressants en tant que souvenirs mais sans recherche. Mais voilà, je ne veux pas regretter la photo que je n'aurais pas prise...
Les mots me manquent pour décrire la beauté des sites visités, (bien sûr je dépose quelques photos, dans l'album) je regrette déjà les flous et ratages. Chaque temple visité dévoile des beautés  qui semblent surpasser les précédentes.
 Vers la même époque, chez nous, on batissait la cathédrale notre dame de Paris.


Une chose me séduit dès le début : la gentillesse évidente des gens , cette sorte de bienveillance  amplifiée par  cette  façon de  saluer  en joignant  les mains devant la poitrine.
(Comment certains d'entre eux ont ils pu déraper dans cette  folie meurtrière  dans les années 70 ? quarante ans après,  la blessure est à vif chez beaucoup de cambodgiens)

Pendant les quelques jours passés dans cette ville je ne me souviens pas d'un seul regard méchant ,(en dehors d'une grosse dispute entre deux femmes au marché) même les flics qui m'ont fouillé à l'aéroport (j'ai fait sonner tous les portiques) étaient amusés et souriants. Bienfait du boudhisme ?
 Le soir venu, après quelques instants de repos (piscine, spa, douche ou massages par de jeunes aveugles,-l'un de nous a testé le massage de pieds par des petits poissons-), nous nous retrouvons dans la salle aux chaises blanches pour les conférences.
Me voilà enthousiasmé  par les réalisations des associations humanitaires médicales qui interviennent sur place : un médecin suisse a construit ici un hôpital pour enfants et joue du violoncelle pour obtenir des fonds ;  et il y a  l'association "pour les yeux du monde" : le bateau "Maurice André"  navigue sur le Mekong et affluents avec, à son bord, une équipe  constituée de traducteurs, d'une cuisinère, d'un capitaine, et de divers soignants dont un oph médical , un chirurgien et un anesthésiste. Quand le bateau acoste, les villageois montent sur le bateau , pour être examinés  soignés et souvent opérés  (ptérygions, cataracte) . Il y a aussi des opticiens qui fournissent des lunettes.Les champs et les médicaments que j'ai transportés étaient destinés à ce bateau.(consultations, opérations, lunettes , tout est réalisé sur le bateau). Un nouveau bateau plus grand est en construction.



Un soir, des  orphelins  ont organisé un beau spectacle de danses pour les congressistes.
La dernière visite consiste en une marche à pied d'une heure, il s'agit de grimper sur une montagne, chose qui me fait horreur. Il n'y a que 1300m mais je connais mes limites qui restent assez proches du sol. Aidé presque à chaque pas, j'arrive au  but  au bord de l'asphyxie, mais la récompense est à la hauteur : là coule une rivère et les rochers de la rivière sont sculptés, c'est très beau et, pour me remettre, j'ai même droit à une douche sous la cascade.
L'apothéose du séjour a lieu le dernier soir : tous habillés de blanc(bon d'accord, je regrette d'avoir râlé sur le choix de cette couleur) nous sommes pris en charge par des voitures électriques de golf ; autour de nous, la forêt emet des bruits inconnus et vaguement inquiétants. Quinze kilomètres plus loin, nous arrivons à destination : la terrasse des éléphants au temple du Bayon (l'un des plus beaux). Nous avançons entre deux rangées de torches, pour aboutir sur la terrasse délimitée par deux grandes sculptures de glace. Les tables sont dressées dans ce décor magique, des danseurs  et musiciens donnent un très beau spectacle, le repas est certes délicieux, mais la merveille c'est ce cadre   hors du temps...
Le lendemain est le jour du départ, dernières ballades dans la ville qui prépare la fête de l'eau avec ces embarcations décorées pour la circonstance.Visite au marché local, odeurs non répertoriées, dont certaines assez monstrueuses(heureusement, comme médecins , nous sommes un peu plus "armés").
Derniers plongeons dans la piscine, échanges de mails, départ de la relève pour le bateau, départ de ceux qui ont choisi de prolonger le séjour au Vietnam.
Le voyage en avion se fait de nuit, un ministre échappé de la première classe discute avec ses collaboratrices assises juste devant nous. (au lieu du film quebecquois, diffusé sur l'écran, nous avons une vue directe sur les fesses du ministre...)
Séparation des congressistes à Roissy après récupération des bagages...derniers bisous et échanges de mails, nous sommes encore loin,  là bas,  parmi ces merveilles  entrevues ...Nous avons encore des étoiles dans les yeux.
Par Berthold - Publié dans : oeil et regard
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