souvenirs

Mercredi 11 novembre 2009 3 11 11 2009 23:53

Un aller retour pour voir mon papa qui est rentré à la maison , en assez bonne forme, en attente d’une grosse intervention qui l’angoisse. Mon oncle a pris l’avion  de Marseille pour venir  voir son frère  l’espace d’une journée. Je n’avais pas vu mon oncle depuis une quinzaine d’années, tout simplement parce que plein de kilomètres nous séparent et que le temps et les vacances manquent.

Ma famille est répartie  un peu partout, dans le pays (et un peu à l’étranger)  principalement Marseille, Toulouse, Vichy et Paris.

(mon grand père Henri est lejeune premier au centre deuxième rang 1919)

Autrefois, nous nous retrouvions (avec les marseillais) à Vichy pour Noël, puis nous « descendions » sur Toulouse pour le nouvel an, puis  nous remontions dans notre  Bretagne et  Ligérie d’adoption.

Vichy à noël était un émerveillement, souvent il y avait de la neige, nous nous entassions à 10 -15 dans un petit deux pièces, du centre ville. Nos deux grands-mères (une tante sans enfant qui s’était occupée de mon papa et ma grand-mère) nous couvraient de baisers. Elles se  saignaient   pour nous offrir des cadeaux, pas toujours à notre gout,  mais que je conserve encore comme des trésors. Elles y joignaient des cartes fleuries et parfumées, où elles exprimaient de façon dithyrambique leur affection et leur amour. Bien sûr que tout çà avait un côté étouffant, mais tout cet amour faisait chaud au cœur, et  nous étions contents de retrouver nos cousins de Marseille et Vichy.





A Toulouse, nous remettions çà avec la famille de ma mère, là aussi,  nous retrouvions plein de cousins et cousines ;  les berges de la Garonne  proches, ou le terrain de basket  (aujourd’hui, devenu toboggan routier) étaient nos lieux de jeux .Quand elle rentrait « du magasin » qui était toute sa vie, ma lumineuse  grand-mère nous  préparait des plats un peu trop riches en graisse, et chantait  en s’accompagnant au piano.Me reste le souvenir ému de mes grands mères, jettant un verre d'eau sur la voiture pour nous faire promettre de revenir puis nous regardant partir...


Après leur disparition, la tradition du « tour de France » s’est estompée, nous étions devenus adultes, nous avons choisi des chemins très différents…

Il y a bien longtemps que je ne suis pas retourné à Vichy,  je retourne plus souvent à Toulouse  à la recherche d’un morceau de mon enfance…

Je voudrais  consacrer à mes cousins, cousines , oncles et tantes,  plus de temps,  mais c’est difficile, j’aimerais qu’ils viennent me voir…

Nous aurions plaisir à leur faire partager la lumière de la Loire, le blanc des tuffeaux et les toits en ardoise, leur faire goûter l’Aubance et le Savennières, le Bourgueil et le Chinon, et aussi les fouées, et bien sûr, à  leur montrer les châteaux.

Des pans entiers de ce blog leur sont destinés, témoignage  légèrement déguisé de notre vie,  mais je ne pense pas qu’ils prennent le temps de le lire.  

Par Zigmund - Publié dans : souvenirs
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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 09 2009 01:00

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Depuis quelques années un groupe mélant adultes et ados se réunissait le vendredi soir pour chanter. Le répertoire était sans prétention, mais parfois assez difficile.
 A la fin de l'année nous présentions notre travail sous forme d'une comédie musicale, dans la salle communale pleine à craquer, indulgente et conquise d'avance.
Quel  plaisir d'être ensemble, de se retrouver chacun dans "sa voix", de tatasser traitreusement avec ses voisins, sous les regards courroucés de Louisa, notre chef de choeur.
Elle avait fort à faire avec nous ; notre humour potache et nos blagues arrivaient souvent à la dérider, mais, quand elle nous accompagnait dans nos fous rires, le travail stagnait...et dès qu'elle prenait conscience du temps perdu, elle piquait une colère, ou décrétait une pause (cigarette).
Nous avions la flemme d'apprendre nos paroles, chaque fois qu'elle essayait de se renseigner là dessus nous prenions des airs dignes et offensés"comment, tu n'as pas confiance en nous ? Elle n'avait pas confiance et elle avait raison : au  deuxième rang circulaient des "grattes" parfois accrochées dans le dos des choristes du premier rang.
Quand il s'est agi d'étudier West side story, quelques uns d'entre nous ont perfidement  voté pour la VO, non pas pour apprendre des paroles en anglais(ce dont nous étions presque tous incapables) mais parce que nous savions que Louisa maitrisait si mal l'anglais qu'on pourrait lui faire avaler n'importe quoi ! Elle s'est douté de notre fourberie, et Lise a réalisé une excellente traduction  en plus de la mise en scène  de tous les spectacles.
Pendant ces années, nous avons eu  trois pianistes, attachants et drôles.
Notre répertoire ?
-musique créole
-les chansons du film les choristes(adaptation pour la commémoration de la libération des camps de concentration)
-un deux trois soleil sur des chansons de Brel et Fugain . cette pièce qui  évoquait entre autres la maladie et la mort, nous l'avons dédiée à l'une d'entre nous, emportée par le crabe.  
-une comédie dans le style Brodway ; j'ai réellement détesté cette musique, mais étudier une partition difficile qu'on aime pas est une expérience interessante.
-enfin notre version de West Side Story(rebaptisée Manhattan) travail intense sur deux ans. J'avais un petit rôle, j'étais le bras droit de Bernardo , qui oscillait entre son travail de pianiste et son rôle de chef de bande. (fort peu baraqué pour un chef de bande).
Nous avons travaillé avec des danseurs  et danseuses d'une école proche et ce fut une collaboration agréable.Deux représentations dans une grande salle et puis c'était fini.
Le rideau est tombé pour toujours sur notre groupe qui semblait si uni. 
Une dernière soirée où les ados nous ont chanté un au revoir avant de s'envoler  vers des horizons lointains pour leurs études. Restaient les adultes, en nombre insuffisant, mais sans  la pêche,...l'orage grondait,certains l'ont vu venir, et  peu après cette "dernière"  soirée arrosée, un des couples  adultes s'est brisé avec dommages collatéraux.
J'ignore si je retournerai chanter cette année,avec un groupe différent, il me reste la nostalgie de tous les bons moments passés avec eux.


 
Par Zigmund - Publié dans : souvenirs
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Mercredi 26 août 2009 3 26 08 2009 00:54
suis parti en vacances . bretagne ..;
 connection très intermittente.
En souvenir de Woodstock que j'ai vécu de loin, voici la valse finale du film last waltz...vu et apprécié dans une autre vie . je ne reverrai sans doute pas ce film qui comme moi a pris des rides.
Par Zigmund - Publié dans : souvenirs
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Jeudi 19 mars 2009 4 19 03 2009 00:22



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Johnny et Vonvon, avaient depuis longtemps perdu l'habitude de leurs vrais prénoms, et personne ne les appelait papy et mamie, ou papa et maman. Leur grande maison avec vue imprenable sur les ruines du chateau de Coucy, était le lieu de retrouvailles et de fêtes pour les enfants et petits enfants. Vonvon,  en prenant possession de sa chambre avait déclaré, qu'elle voulait passer sa vie ici, et mourir un jour lointain dans cette même chambre.
 A Noël , ce bougeoir, installé sur une fenêtre, était visible de loin et c'était la promesse de joyeux moments.
Comme toute maison familiale, la maison gardait le souvenir de grandes tablées, de discussions, de rires,et  d'agapes. C'est là qu'on m'a converti   au  champagne à l'apéritif (celui de monsieur Sauvigner), puis suivant le menu (forcément de fête puisque nous étions réunis), nous avions plaisir à déguster le gewurtzraminer, le macon villages, et le sauternes, avec un minimum de modération. Nous gardons aussi le souvenir de certains plats oubliés  par Vonvon et quelque peu carbonisés par exemple les célèbres endives à la potemkine.
 Vonvon était fière des roses de son jardin, et dans le bois tout proche  le sol se couvrait de jacinthes bleues au printemps.
Johnny était un scientifique "pur et dur", ancien ingénieur, passionné d'astronomie.
Il avait pensé et dessiné cette maison, mais la fantaisie et le petit grain de folie étaient signés Vonvon.
Peu à peu, les mains de Vonvon se sont mises à trembler...et en peu de temps, Johnny  a pris la décision malheureuse de l'exil pour se rapprocher de nous. La maison a été vendue. Vonvon a tremblé de plus en plus, parlé de choses qui n'existaient que dans ses souvenirs, puis ses gestes se sont ralentis,  sa parole s'est raréfiée.Les dernières années de la vie de Vonvon ont été une grande souffrance morale loin de ses repères, et aussi une déchéance physique terrible.
Nous nous efforçons de garder l'image de Vonvon coquine et facétieuse, un brin fofolle et futile,et  tellement heureuse de savoir "les lits de sa maison  pleins de monde".
Johnny, peut être pour cacher sa peine, s'était lancé dans la pèche à la ligne, ce qui était facile puisque l'Escale a un accès direct à la rivière. Il passait la matinée et un bout de l'après midi assis sur le muret. Il était fier de rapporter des gardons et des perches,(un peu fades) que nous nous partagions, puis il repartait le soir dans son appartement en ville. Johnny s'en est allé brutalement, un dimanche,entouré de ses enfants, alors qu'il somnolait après un bon repas dans notre salle télé.
Pendant un an, pratiquement personne de l'Escale, n'a approché du coin où il  s'installait pour pécher.C'est juste à côté de cet endroit qu'a poussé et grandi un prunier sauvage. Ce prunier qui se couvre de fleurs aujourd'hui nous l'avons appelé Johnny.

Par Zigmund - Publié dans : souvenirs
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Mercredi 3 septembre 2008 3 03 09 2008 23:27





avertissement : cet article triste n'a sans doute pas sa place dans un blog, mais je n'ai pas le coeur à écrire des choses légères et je n'ai pas envie de me taire. Caroline s'est éteinte mardi matin, entourée de ceux qui l'aimaient après s'être battue contre le crabe.  

dimanche
retour de vacances avec un lumbago
appel début d'après midi, c'est la fin pour Caroline
avons repris la voiture direction Nantes
essayer d'adoucir ces instants, lui communiquer mon amour, un peu de mon énergie, tenir sa main sans rien dire.épreuve terrible .revoir ses fils, tous les copains, tous viellis,réunis dans le jardin.Sous le grand parasol circulent cafés et cigarettes, photos de la dernière fête récente... 
Les souvenirs revenaient, écho d'une autre vie : notre rencontre au Longrais en 75, le festival de Concarneau l'année suivante, nos rêves et délires communs, rêves d' Arriège, désirs de Bretagne,  retour à Nantes. Plus tard pour Caro, les études et les épreuves terribles à Bordeaux, puis à Nantes.
Enfin la naissance des jumeaux.
Je revois les séjours dans la grande maison de  Larmor Baden quand les jumeaux bébés pleuraient une bonne partie de la nuit.
Puis si les couples ont cassé, l'amitié a tenu bon.
Vingt ans déjà depuis ces vacances tous ensemble à Aniane, avec Simon cette fois ci qui réveillait tout le camping par ses colères nocturnes.
Caro, rassembler ici quelques souvenirs n'adoucit pas ma peine, j'ai mal d'imaginer ta souffrance de laisser tes fils et tous ceux que tu aimais.
saleté de crabe !

 


 

Par Zigmund - Publié dans : souvenirs
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