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le-rhinoceros-regarde-la-lune

lettre du Dr. Jérome Marty, président de l’UFML

Madame la Ministre, vous avez le 25 février prévenu que vous exigiez désormais la concrétisation effective des mesures les plus délicates prévues dans l’avenant 8 publié au Journal Officiel : système opérationnel de sanctions conventionnelles et instauration du nouveau contrat d’accès aux soins, et vous avez, si l’on en croit les responsables du SML, réitéré les avertissements sur l’éventualité d’un recours à la voie législative en cas d’impasse conventionnelle.

 

Dangereux

Vous avez brandi la loi comme une menace, et, corollaire de cette action, désigné les médecins une fois de plus comme coupables. Coupables de ne pas écouter, coupables de ne pas appliquer, coupables de ne pas obéir…

La réalité est tout autre. Les médecins dans leur immense majorité ne veulent pas de l’avenant 8 et jugent celui-ci dangereux pour leur exercice et pour leurs patients.

Il est donc de leur devoir de désobéir et de ne pas se prêter au jeu perdu d’avance de tribunaux où les droits de la défense sont légalement minoritaires.


Vous avez voulu passer en force et, au terme d'une négociation conventionnelle, déjà sous la menace d’une loi destructrice pour le secteur 2, certains représentants syndicaux ont cru bon de signer dans l’urgence, souvent sans avis de leur base, un texte qu’ils ont seuls soutenu. Les mêmes ne trouvent pas aujourd’hui de mots assez durs pour s’opposer au système validé par leur signature. L’Assurance Maladie a appliqué, la base a parlé !
La profession ne veut pas de l’avenant 8, pas plus que du Contrat d’Accès aux Soins, porte d’entrée vers le désengagement de l’Assurance Maladie et le développement des réseaux de soins.


L’UFML et les syndicats opposés depuis le premier jour à cette évolution politique de notre système ont ouvert un chemin que nombres de confrères rejoignent, toujours plus nombreux chaque jour. L’union est en marche, elle ne s’arrêtera pas.

Madame la Ministre, nous apprenons que certains parlementaires sont prêts à aller au delà du paritarisme, et qu’un rapport de l’IGAS est en cours sur la rénovation du système conventionnel... Faut-il penser que lorsque l’outil démocratique n’impose pas la volonté du responsable, celui-ci est fondé à changer la loi ?

 

Appel à la raison

Il s’agit là d’un jeu dangereux, Madame la Ministre, en matière de discussion sociale, imposition n’est pas raison ! L’UFML lance donc un appel à la raison. Les médecins n’accepteront pas de laisser le gouvernement, quel qu’il soit, imposer les orientations du système de soins.

Nous sommes responsables de notre système de soins, médecins du secteur public, du secteur privé, de la ville ou de l’hôpital, au coté des autres professionnels de santé, de sa protection et de son développement et, dans l’union, nous ne laisserons pas le dogmatisme et les raisons économiques d’un soir prendre le pas sur les connaissances et les volontés de professions toutes entières, et au final sur la qualité du soin !
Madame la Ministre, le feu couve, vous avez en quelques mois cristallisé la colère d’une profession. Votre empressement coupable n’a eu d’égal que vos simplifications répétées à l’égard des pratiques et de l’organisation de la profession, vous avez usé de menace, vous avez échoué, vous recommencez…

La médecine ne marche pas au pas, elle ne se dirige pas, elle ne s’enferme pas, elle avance au coté de l’État, dans le respect de lois et des responsabilités qu’elle participe à mettre en œuvre.

Oublier ce simple constat c’est prendre le risque d’entrer dans un conflit majeur … "

Dr. Jérome Marty, président de l’UFML

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